Malgré une qualification acquise à Lyon et un succès, 6-0, face à Nancy, les Olympiens gardent les pieds sur terre. Avant de se voir au Stade de France, ils doivent franchir l'obstacle rennais qui se présentera, jeudi, au stade Vélodrome.
Rennes est une équipe que vous connaissez bien pour y avoir joué. Quels sont les dangers de cette formation ?
Toute l'équipe est dangereuse mais il faut surtout surveiller deux joueurs. Il faut couper la relation entre Kallström et Utaka. Kim Kallström est le maître à jouer de cette équipe, il est à la fois défensif et offensif. C'est aussi le principal passeur de cette formation. John Utaka, c'est le buteur, il est en forme en ce moment. Il faudra aussi se méfier d'Olivier Monterrubio mais je pense que «coach Bölöni» ne le fait pas beaucoup jouer à l'extérieur.
Après votre large succès en L1, le capital confiance est au maximum...
La Coupe de France et le championnat sont deux compétitions différentes. Contre Nancy, en L1, on a eu la chance de gagner 6-0. C'était formidable, ce n'était que du bonheur sur le terrain, on a aussi fait plaisir à nos supporters. La Coupe de France, c'est autre chose. Tout est possible dans cette compétition, on a vu des clubs amateurs atteindrent la finale. C'est pour cela que la demi-finale va être très difficile notamment face à une formation du calibre du Stade Rennais. Je connais bien la plupart des joueurs. Après leur défaite à Nice, ils seront gonflés à bloc .J'espère que l'on donnera un beau spectacle avec la victoire au bout.
Et encore peut-être un message sorti de votre chaussette...
Ce serait bon signe... Tant qu'il y a des messages, c'est qu'il y a des buts ! J'espère qu'il y en aura un jeudi. J'en ai fait pour la famille, les amis, les supporters, le coach... A force je risque de manquer d'idée mais j'ai des amis qui m'en soumettent.
La communion avec le public a été totale face à Nancy. Contre Rennes, il jouera un rôle important ?
Après le match, les supporters nous disaient qu'ils rêvaient d'aller au Stade de France, qu'ils n'y étaient jamais allés et qu'ils seraient probablement plus de 30.000 à monter à Paris. J'imaginais déjà ce que cela pourrait donner mais il y a un match à jouer avant et il ne faut pas se voir en finale avant d'avoir affronter Rennes. On va tout donner, on a en plus la chance de recevoir. On aurait joué en Bretagne, cela aurait été beaucoup plus difficile. On sera chez nous, il faut en profiter. Le public marseillais, c'est le 12e homme et j'espère qu'ils seront nombreux à nous pousser et à nous encourager afin de passer ce tour et que l'on fête ça tous ensemble.
C'est un objectif important pour le club qui n'a plus gagné de coupe de France depuis 17 ans ?
Je me rappelle de cette finale gagnée par l'OM, 4 à 3, contre Monaco avec quatre buts de Jean-Pierre Papin et trois de Marcel Dib. C'était formidable, il y avait du spectacle, des buts et la victoire. Cela fait longtemps que Marseille n'a pas gagné la coupe de France, j'espère que cette année sera la bonne. Sur les derniers matchs, on revient bien, on a fait de bons résultats. On est encore sur la dynamique de la victoire à Lyon. On se régale sur le terrain et les résultats suivent. J'espère que cette dynamique ira jusqu'au bout. C'est un rêve pour moi d'aller au Stade de France pour la finale de Coupe de France, la gagner serait grandiose.
Dans le groupe marseillais, il y a des joueurs qui ont disputé des finales de coupes et qui doivent vous donner des conseils pour franchir le dernier pallier avant le Stade de France...
J'ai déjà disputé trois demi-finales de coupes avec le Stade Rennais et Montpellier. J'ai toujours échoué en demi-finale et j'aimerai bien passer cette étape. C'est frustrant de passer les tours précédents et de tomber à un match de la finale. Habib Beye me racontait dernièrement qu'il n'y avait rien de plus beau que de disputer une finale au Stade de France. Il a eu la chance de la gagner avec Strasbourg (25 mai 2001, ndlr). C'est quelque chose d'énorme c'est pourquoi nous devons absolument gagner jeudi.
Le mot d'ordre est de ne se pas voir trop haut avant de recevoir Rennes...
Les joueurs les plus expérimentés, les anciens et le coach nous ont dit de ne pas nous enflammer. Après une qualification à Lyon et un succès 6-0, l'ambiance fait que beaucoup de gens autour du club s'enflamment assez vite. On a eu une discussion avec el groupe, le coach nous a prévenu en nous disant que le match de jeudi sera très difficile. Il ne faut pas se voir déjà au Stade de France avant d'avoir disputé la demi-finale. Il faudra être concentré et ne pas faire d'erreur. Si nous restons sur le même état d'esprit que lors des derniers matchs, ce sera positif. Mais si d'entrée de jeu, on se déconcentre en pensant avoir déjà gagné, cela peut faire très mal et recevoir le boomerang en pleine face.
Le nouveau schéma tactique semble vous convenir...
Offensivement, ce plan de jeu me convient bien. On prend des risques en attaque et avec Mamadou (Niang), Franck (Ribéry) et Mickaël (Pagis) on se procure beaucoup d'occasions et si, défensivement, on tient aussi le coup, on peut tirer notre épingle du jeu. J'aime le couloir droit, j'ai de la liberté, je peux repiquer dans l'axe. C'est un poste et un tactique qui me conviennent bien. En plus, le replacement de Franck Ribéry lui a donné plus de liberté, il peut provoquer, partir de plus loin, centrer. C'est le système qui nous convient et qui marche actuellement.
Quel est votre sentiment après avoir lu les propos de Lazslo Bölöni ?
Je suis surpris. J'ai passé une année avec monsieur Bölöni et c'est surprenant qu'il s'emporte comme cela. On a eu une discussion avec le Président de l'OM qui nous a dit se passer outre cela. La meilleure réponse à donner se trouve sur le terrain. J'ai aussi lu des propos de joueurs rennais qui se voyaient gagner au Vélodrome. C'est surprenant... Un match n'est jamais joué avant le coup de sifflet final. Je peux vous assurer qu'ils ne gagneront pas aussi facilement qu'ils le disent. Il faut qu'ils s'attendent à un vrai combat car on ne va rien lâcher pour atteindre la finale.
C'est une motivation supplémentaire ?
Oui bien sur... C'est comme quand avant le quart de finale de Coupe de France, les Lyonnais disaient déjà qu'ils aimeraient bien affronter Lille ou Rennes au tour suivant. Cela nous donné une motivation supplémentaire. Ce genre de discours me surprend.